Auteur invité

Pascal Commère

Pascal Commère, né en 1951, vit à la campagne en Côte d'Or. Tiraillé dès l'enfance entre les mots et les chevaux, il a bien failli devenir jockey comme son père, tué à l'entraînement alors qu'il avait six ans. Il écrit depuis 1978, prose et poésie s'alternant.

Pascal Commère est un homme attaché à sa terre avec laquelle ses poèmes et ses récits font corps tout en nous faisant entrer dans la profondeur ou le questionnement du sens de l'existence. Il a publié une vingtaine de livres et il est également l'auteur de nombreux textes critiques consacrés à des écrivains et poètes comme André Frénaud.

Une importante anthologie personnelle de sa poésie a paru en 2012 en coédition avec Obsidiane : Des laines qui éclairent (1978-2009).

© Photo : Georges Monti

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Le narrateur de ces récits, qui exerce la profession de comptable en milieu rural, nous mène à la rencontre de personnalités que la campagne a façonnées — cultivateurs, éleveurs, bûcheron —, méfiantes, taiseuses, voire ombrageuses,

« le noir petit monde obstiné de l’agriculture », attaché à une terre « qui blesse plus qu’elle n’apporte, quand même elle gratifierait chaque jardin d’un pied de lilas en fleur en avril, d’une touffe d’oseille acide.

(…) Avec cette peur de l’inconnu, du nouveau, qui rejoint celle d’être grugés. Après quoi ils s’en remettaient à l’homme de l’art : comptable, vétérinaire, représentant en aliments, inséminateur, quand ce n’était pas au démarcheur de la Caisse locale, avec circonspection toutefois, un minimum de méfiance grâce à quoi ils accueillaient la possibilité de ne pas s’être fait avoir.

Et c’est à l’écrivain — homme de l’art formidable de raconter en même temps que témoin empathique — que nous nous en remettons pour voir exister encore un peu, dans l’infime de leurs vies oubliées, ces êtres devenus dérisoires à force d’inactualité, condamnés à la disparition prochaine, et qui pourtant nous disent, muettement, ce que nous avons été.

Parution : janvier 2016