Le festival vu par...

L'art de la petite fugue

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Biographie

Arnaud Rykner est né en 1966. Auteur de romans, de pièces, ainsi que de plusieurs essais sur la littérature ou le théâtre parus chez José Corti et aux éditions du Seuil, il enseigne à la Sorbonne Nouvelle à Paris.

Arnaud Rykner...

Le festival vu par Arnaud Rykner, venu en 2017

Arnaud Rykner est né en 1966. Auteur de romans, de pièces, ainsi que de plusieurs essais sur la littérature ou le théâtre parus chez José Corti et aux éditions du Seuil, il enseigne à la Sorbonne Nouvelle à Paris. En 2019 il sera en résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto au Japon.

Apprendre à fuguer.
Apprendre à fuir la course des jours pour courir les sentiers pas battus.
Apprendre que les bras chargés de livre on se trouve allégé de l’inutile.
Rencontrer des lecteurs anonymes qui deviendront peut-être des amis.
Rencontrer des auteurs plus ou moins connus qui deviendront peut-être des amis.
Troquer un temps le papier encré pour la parole vive et l’échange animé.
Renoncer au colloque solitaire et au face à face parfois douloureux avec soi-même et ses propres abîmes, pour croiser le regard bienveillant de certains qui vous connaissent déjà mieux que vous-même.
Troquer la page blanche pour la nappe à carreaux et le verre de bon vin (du Jura bien entendu – ah ! le Savagnin… Mais quelle joie que la concurrence nouvelle du Bourgogne qui s’annonce ! Plus on est de fous, plus on boit).
Alors, trinquer aux bénévoles qui donnent sans compter de leur temps pour calmer les angoisses d’auteurs très choyés.
Trinquer aux étudiants, aux élèves, aux professeurs, qui vous ont par avance « étudiés », trinquer aux libraires qui vous ouvrent leurs portes, aux bibliothécaires qui vous accueillent curieux de vous voir sortir de vos livres. Partager tout simplement les mots, les mets et la vie avec tous ceux qui ont choisi de fuir avec vous là où vous n’auriez jamais été sans eux.
C’est un peu tout cela les Petites Fugues.
Mais c’est aussi encore plus.
Lieux improbables qui transforment le brasseur de mots en brasseur de bière, l’amant de la liberté en compagnon du prisonnier - qui trouve à s’échapper, quelques instants au moins, autrement que par la fenêtre de sa cellule. Ou encore : saline royale, moulin à musique, maison du grand Victor… Autant d’endroits magiques pour découvrir l’autre et se découvrir autre : ici, le sage polygraphe devient slameur électro-rock ; là le poète buissonnier se fait philosophe. Petites formes ou grandes formes, tout est à inventer.
Fuir ! là-bas fuir ! vraiment, quoi espérer de mieux ?
Merci aux Petites Fugues, festival unique, où la curiosité n’est jamais déçue et où l’amour des livres se conjugue avec la chaleur de l’amitié.

Les autres "Vu par..."

L'invitée

Le nom fait saliver : Les Petites Fugues. On imagine, on rêve, on a tous envie de fuguer. C’était mon désir en tout cas.

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Petite fugue, grande évasion

Le festival vu par Gauz, venu en 2019

Gauz a été photographe, documentariste et directeur d’un journal satirique en Côte-d’Ivoire. Il est l’auteur de deux livres parus aux éditions Le Nouvel Attila : en 2014, Debout Payé le propulse sur la scène littéraire, suivi par Camarade Papa en 2018.

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Un enchaînement des voix comme en musique

Le festival vu par Valérie Zenatti, venue en 2018

Valérie Zenatti est née à Nice. Elle est l'autrice de nombreux livres, notamment pour la jeunesse à l'Ecole des Loisirs. Ses derniers livres, Jacob, Jacob (2014), prix du Livre Inter 2015, et Dans le faisceau des vivants (2019) sont parus aux éditions de l'Olivier.

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Les Petites Fugues 2016

Le festival vu par Julia Deck, venue en 2016.

Julia Deck est romancière, elle est née en 1974 à Paris. Elle a notamment publié trois livres aux éditions de Minuit : Viviane Elisabeth Fauville en 2012 ; Le Triangle d'hiver en 2014 ; son dernier roman Sigma est paru en septembre 2017.

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Les Petites Fugues 2015

Le festival vu par Pierre Ducrozet, invité aux Petites Fugues en 2015

J’ai traversé la médiathèque et je me suis assis au fond. Devant moi, une classe de Seconde Pro, option mécanique, dans un lycée de Haute-Saône. On commence à parler, les mains se lèvent. Les gestes sont secs, francs, les questions aussi. Une des trois filles de la classe lève la main.

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